J'ignore si les professionnels de la BD, lors de la création d'un nouveau personnage ou d'un nouvel univers, parviennent facilement à cerner leur public et à le satisfaire. Le gérant d'une librairie spécialisée m'a déclaré que l'on pouvait trouver des oeuvres au dessin parfaitement maîtrisé et au scénario inepte, et inversement, l'idéal étant de pouvoir fournir un travail de qualité sur tous les plans. J'ai déjà parlé de mon dessin. Je sais qu'il est loin d'être parfait et que je vais devoir me concentrer là-dessus. Mes atouts résident donc dans la narration, que je n'ai pas l'intention de traiter à la légère pour autant. Reste le ton. A la lecture des trois premières planches qui narrent sur un ton dramatique l'attentat qui causera la fin du monde, on est en droit de s'attendre à un album sombre. Mais les aventures de Candiana Jones se veulent au contraire truffées d'humour. Toute la subtilité doit résider dans ce décalage entre un contexte tragique et des personnages stéréotypés, plongés dans des situations anachroniques d'où naît l'effet comique. La bd ne sera pas exempte d'épisodes plus sombres, mais l'humour, voire l'humour noir, sera toujours présent. De la violence? Oui, il y en a, mais pas au point, je pense, de réserver Candiana Jones à un public adulte. Mais là encore, les éditeurs jugeront, et ceci est une autre histoire.

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